|
Ici,
l’homme souffre face au monde, dans une attitude de rébellion
et de protestation. C’est l’homme «
au
pluriel», sensibilisé à la violence devenue réalité quotidienne,
et criant sur la toile sa "meurtrissure".
Dominique Jancel a un sens très fort de la nécessité pour le
peintre de témoigner, en même temps qu’il crée. Les éclaboussures
de peinture, la force du geste, le violence du mouvement,
traduisent la volonté qu’exprime le peintre, à la suite des
expressionnistes, de ne pas laisser s’endormir sa conscience,
et de mettre son énergie et son charisme au service de cette
exigence de partage.
Marie-Odile
ANDRADE
Artension
Dominique
Jancel se sert de la musique pour peindre des tableaux
farouchement expressionnistes, empreints d’une violence
qu’on décèle rarement chez une femme.
Elle
peint depuis l’âge de 14 ans et en tant qu’artiste, elle
entend apporter une sorte de témoignage sur notre société.
Guidée par la musique, classique ou contemporaine, et la poésie,
elle brosse des compositions qui ne sont pas sans rappeler
Bacon, Soutine ou de Kooning. La peinture de Dominique est une
sorte d’opéra fantastique où les couleurs remplacent les
sons et les voix. Elle n’hésite pas à pétrir la matière
sur la toile et à attaquer celle-ci avec fougue pour traduire
l’intention à travers l’expression. Ses tableaux sont des
histoires richement illustrées sans concession. Pour elle, la
peinture, c’est la politique du tout ou rien.
Adrian
Darmon
Art
et Valeurs
Face
aux conceptuels aseptisés d’avance, il y a toujours et encore
des artistes qui oeuvrent pour crier, plus exactement qui
hurlent et éclatent de toute leur oeuvre pour ne pas exploser
dans tout leur être, en quotidienne présence d’un monde dont
l’art ne saurait égaler la folie. Dominique Jancel est de
ceux-là. Dans son atelier, des citations de Cioran ou Artaud,
des affiches de Soutine ou Bacon, appellent à la mobilisation générale
et au hurlement maximal. L’art est ici déclaration de guerre.
Et la peinture même est violente, mais ni plus ni moins que
l’espérance...
Entre
figures et plaies, figuration forcenée et abstraction rageuse,
cette oeuvre prend le risque d’unir le meilleur et le pire de
nos excès, tranchant ainsi avec la bruine tiède de ces temps.
Gérard
Barrière
Exprimer
la condition de souffrance de l’être, face à l’entropie du
monde, détermine la pratique véhémente et pulsionnelle de
Dominique JANCEL. Après une étape non-figurative volontiers
lyrique et exacerbée, elle se tourne irrémédiablement vers la
représentation bousculée d’une humanité instable, soumise
aux assauts d’une touche crispée, dont les remous déclinent
leurs structures informes et laminées, parfois proches du
sarcasme.
Avec une énergie à
fleur de peau, elle larde ses anatomies en procès d’un
bouquet de fulgurances, de taches et de stridences chromatiques,
qui les entament profondément dans leurs fondements, les
abandonnant pantelantes et déchues.
Ce faisant, elle libère
son sentiment aigu de la peinture et toute sa sève
existentielle, dans une douloureuse tératologie.
Gérard
Xuriguera
|